Jour 23/80 — Royal Albert Hall

Le tour de Londres en 80 jours

En ces temps d’incertitude, j’ai besoin d’une ligne de vie, d’un horizon ; j’ai donc — de façon quelque peu arbitraire, je l’admets — fixé une date. Le 1er avril sera mon horizon ; et ma ligne de vie, les 80 jours qui m’en séparent.

Et comme le temps n’est pas aux tours du monde, je vous propose un « Tour de Londres en 80 jours » : Quatre-vingt impressions de Londres, quatre-vingt histoires, lieux, pensées issu(e)s de mon expérience de cette ville formidable et affolante.

Jour 23 : Royal Albert Hall

Au Sud de Hyde Park, près de Kensington et de ses musées, se trouve l’une des plus belles salles de concert de Londres : le Royal Albert Hall. Nommé d’après le Prince Albert, grand amour de la reine Victoria, le Hall a ouvert ses portes en 1871. Vingt ans après la Grande Exposition du Prince, dix ans après son décès ; il y a 150 ans exactement.

Au fil de ce siècle-et-demi, le Hall a vu de tout : concerts classiques ou rock’n’roll, ballet, cérémonies de remises de prix, films avec bande son live par un orchestre, matchs de boxe,… Sa salle principale est extrêmement souple et peut se modeler, s’adapter aux besoins spécifiques de chacun de ces différents évènements. De Charles Aznavour à Muhammad Ali en passant par Eric Clapton, les noms célèbres ont défilé sur la scène du Royal Albert Hall depuis des décennies, lui donnant une aura particulière, à couper le souffle.

C’est sur un coup de tête que je me retrouvai à voir mon premier concert au RAH : Crosby, Stills & Nash étaient en ville et, après une semaine assez difficile de jeune londonienne en devenir, j’avais décidé de m’octroyer ce luxe. J’avais sauté dans un bus n°9, acheté un ticket d’occasion à un particulier qui revendait le sien en dernière minute devant le Hall, et j’étais entrée. Ma place était au deuxième balcon, assez haut perché. J’ai gravi les élégants escaliers recouverts de velours rouge, admirant au passage les innombrables photos qui ornaient les couloirs, rappelant aux visiteurs l’histoire remarquable du Hall. La femme à côté de moi me jeta un œil et me demanda : « N’êtes-vous pas un peu jeune pour être fan de CSN ? »

Le concert était magique, splendide. En un instant, tous les ennuis de ces premières semaines à Londres avaient disparu.

Je suis « tombée en amour » ce soir-là, avec ce bâtiment majestueux. Depuis j’y retourne aussi souvent que possible ; j’y ai vu un concert extraordinaire d’Al Stewart, et j’y ai même travaillé brièvement comme serveuse, apportant leurs boissons à de riches spectateurs dans leur loge pour £8 de l’heure, et surtout pour le plaisir de pouvoir me déplacer librement dans la place.

Alors si, attiré par les boulangeries françaises et les musées de l’Albertopolis, vous vous trouvez un jour dans le Sud Ouest de Londres, assurez-vous de remettre mon bonjour au Royal Albert Hall.

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